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Musique enregistrée : BLURAY, CD & DVD musicaux, interprètes...

Masterings de m...

Message » 19 Déc 2008 23:41

Je suis particulièrement sensible à cette question, laquelle est une source de tension très fréquente au studio. Malgré mon désir de rester en-dehors des forums auxquels je suis finalement assez mal adapté (j'ai été assez naïf pour tenter une nouvelle fois l'aventure il y a peu)), je me suis décidé à réapparaître ici, après avoir découvert ce sujet un peu par hasard. Je vais éviter l'audiophilie car je crois que je ne suis pas compétent dans ce domaine (le son des fusible, je n'y entend rien).

Alain a raison mais je devine ce que Maikol veut exprimer. Alain a le recul historique et une vue à la fois générale et précise des choses. Je ne trouve pas grand chose à redire à ça. Quand on écoute des centaines et des centaines de disques, on a plus de facilités à relativiser car on sait de quoi on parle; il y a la matière, l'expérience, la loi du nombre. Vous n'avez simplement peut-être pas la même expérience et chacun se base sur son propre vécu.

A propos de vécu, je ne peux nier qu'il y a des gens qui exagèrent réellement quand il s'agit de montages. Je vis ce type de situation en ce moment, un véritable cauchemar, avec un projet qui en est à près de 500 montages pour moins d'une heure de musique. Ce n'est pas moi qui monte mais un "grand professionnel" qui fait des notes justes mais a oublié qu'un peu de vie, c'était quand-même pas mal du tout. Un montage toutes les 7 secondes en moyenne (!!!) ça se pratique encore et ça rend certains enregistrements réellement soporifiques alors que les rushes, malgré d'autres défauts, avaient parfois le mérite d'être chantants. On m'explique que 500 montages, ce n'est pas beaucoup et qu'un disque n'a pas grand chose à voir avec le concert. Pourquoi pas? tout dépend de l'objectif de ce disque, à qui il s'adresse. On peut nuancer un discours, surtout quand le résultat final donne l'impression qu'il n'y a plus de sève. Le montage est une excellente chose tant qu'il permet à l'artiste de ne pas se retenir et d'aller au bout de ses intentions artistiques mais, de là à se dire que le technicien rattrapera tous les mauvais coup avec ses machines, il y a un pas que je ne veux plus franchir. C'est vrai! même des musiciens réputés peuvent entrer en studio sans avoir travaillé. Les journées deviennent interminables; on finit par ne plus savoir où on en est. Il y a les chanteurs qui ne font plus du mot à mot mais quasiment du syllabe à syllabe et on charcute, on colle... Ben, pas chez moi; je les engueule! De toutes les façons, à ce stade, c'est rarement bon à la fin. Alain a raison, les grandes plages avec des rustines OK mais le note à note... Pour travailler comme ça avec un bon résultat à la clé, il faut probablement être un sacré bonhomme mais dans ce cas, on n'est plus dans un acte collectif et il faut du temps mais, comme il n'y a plus d'argent.
Philippe Muller
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Message par Google » 19 Déc 2008 23:41

 
 
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Message » 20 Déc 2008 2:49

Salut Philippe,

L'expérience que tu racontes résonne dans ma mémoire (pour le peu de classique que j'ai fait) et surtout avec ce que me racontent ceux qui le pratiquent tous les jours (en particulier une très bonne amie preneuse de son et excellente monteuse, formée à l'école Bartholomée, et qui elle aussi préférerait en faire cent fois moins).

Ensuite, encore une fois, et heureusement, tous les disques ne comportent pas 500 points de montage! Mais cela arrive encore souvent, et bien malin qui saura deviner quand avec certitude!

Il y a malgré tout un genre de retour à l'ancienne (façon bio quoi :wink: ), à plus d'authenticité...reste à voir si ce n'est pas seulement un effet de mode... :roll:
maikol
 
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Message » 20 Déc 2008 7:18

Grâce à Dieu non, tous les disques ne comportent pas 500 montages mais il est difficile d'estimer les dégâts réels d'un montage car cela va dépendre de très nombreux facteurs dont le talent du monteur, non pas à masquer la coupe mais à choisir le bon point, pour que ça fasse de la musique et non un patchwork. Le premier gros risque, c'est le collage de deux images qui ne semblent déjà pas s'accorder sur l'écran de contrôle car pas jouées de la même façon mais, parfois, il n'y a rien d'autre sous la main. Dans certains cas, le défaut est minime et mieux vaudrait le laisser mais, c'est très difficile à faire accepter; ça devient vite obsessionnel pour le musicien. Un montage, ça doit couler de source sinon, ça ne s'entendra peut-être pas clairement (c'est le boulot du monteur) mais on tuera quelque chose au passage. C'est ce qui se passe avec mon "grand professionnel" qui m'a écrabouillé une pièce pêchue pour en faire quelque chose qui paraît moins dynamique que les deux pièces calmes qui l'entourent. C'est parfaitement juste mais le reste a disparu. C'est devenu inutile et ch_iant. Et pourtant, il n'y a aucun effet en jeu, simplement le mélange inconsidéré de versions jouées de façon à peine différente mais suffisamment pour tuer le dynamique apparente. Quand j'enregistre au studio, je profite d'un avantage certain: la propriété du lieu et du piano. C'est considérable car une séance de montage me coûte le même prix qu'une journée d'enregistrement. Plutôt que de chercher des bouts enregistrés à des distances trop grandes, on peut refaire des pans complets. Notre accordeur a l'habitude et s'organise en conséquence car sa présence est permanent pendant les enregistrements.
Le recours au montage est insidieux. Au départ, les artistes sont très généralement d'accord avec l'idée qu'on montera aussi peu que possible. Ce qui est étrange, c'est qu'au premier montage, on a l'impression qu'ils découvrent avec émerveillement ce que ça peut faire. Au départ on monte peu puis d'écoute en écoute, on nous demande un petit truc par-ci puis par-là et si on ne dit pas stop! on fait du note à note. Le problème des séances de montage, c'est qu'on n'a qu'une vue partielle de l'oeuvre; on est concentré sur une somme de passages courts. Retrouver une écoute globale de l'oeuvre demande un certain recul. Pas facile! mais c'est justement ce qui différencie les bons directeurs artistiques des autres. Donc, il existe des disques excellents avec beaucoup de montages (dans une certaine limite tout de même) et d'autres, loupés à cause de quelques montages plus rares mais réalisés avec peu de goût. Le plan de montage est une chose précieuse et très utile, à condition de s'y tenir et d'éviter de faire des retouches partout. L'esprit de l'oeuvre est une chose fragile.

A propos de retour à l'ancienne, je suis circonspect. C'est quoi, à l'ancienne?

C'est finalement un peu de tout, comme le disait Alain. Les années 70/80 sont éloquentes à ce propos avec des enregistrements difficilement rattrapables. Il y a aussi les légendes telles que André Charlin, lequel n'a pas fait que du bon (les sept dernières paroles du Christ en croix sont un monument de mauvais goût technique avec une réverbération grotesque). Certaines positions de puristes sont plus publicitaires que réelles. Il est des enregistrements dont on nous dit qu'ils ont été réalisés avec deux micros omnis seulement, qui n'ont jamais pu être réalisés de cette façon (faut pas prendre les autres pour des imbéciles, on sait ce qu'on peut faire ou non). En fait, il y a des politiques techniques qui se réfèrent à un certain passé, quand il y avait des laboratoires de recherche mais ce n'est qu'une référence un peu bidon. Deux micros, c'est surtout un choix intellectuel pas trop cher à assumer. De mon côté, c'est ma longue collaboration avec Georges Cabasse et Bernard Neveu qui en est responsable, un héritage de la "live music" que j'ai animée pendant plus de dix ans. A l'inverse, il y ceux qui vont mettre des tas de micros en plus parce que ça les arrange, même si la stéréo en prend un sacré coup. Ils ne recherchent pas la haute-fidélité audio mais sont dans une autre dimension. Il n'y a probablement pas un public type mais des tas de publics différents. Le "grand professionnel" qu'on m'a imposé considère qu'un disque n'est pas un concert. Personnellement, sa position ne me choque pas mais j'aime l'idée du disque qui prolonge le concert mais en plus abouti. En fait, je n'ai pas davantage raison que lui, sauf pour ceux qui pensent comme moi. Pour les autres, je suis insupportable. Nous avons des publics différents qui demandent des choses différentes; il n'y a donc pas de position universelle. Ma chance est de pouvoir imposer une certaine approche parce que je suis à 100% chez moi. Je suis un artisan qui peut dire que telle ou telle chose est non négociable. C'est un luxe qui était possible à l'époque où je me suis lancé mais payer 109 000€ pour l'achat d'un piano devient de plus en plus difficile pour des petites structures privées.
Philippe Muller
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Message » 20 Déc 2008 12:17

Philippe, tu es plus fait pour les forums que tu ne le penses... :wink:


Avec tout ceci je suis en accord ! Car c'est une excellente base de discussion :

Mais Philippe, je pense qu'on peut aboutir aussi à un disque produit en studio, selon les conditions du studios, avec les montages faits pas pour pallier les manques de l'artistes, mais pour qu'il puisse s'exprimer exactement comme il l'entend : une interprétation peut être quelque chose de mis au point de façon millimétrique... tout en étant spontanée d'apparence.

Le disque peut ne rien avoir à faire avec le concert. La recherche de perfection musicale qui a animé par exemple Walter Legge (producteur de Schwarzkopf, du jeune karajan, de Lipatti, entre autres) qui souhaitait un disque le plus parfait possible et choisissait des artistes capables de cela... a débouché sur quelques uns des disques les plus magnifiques de l'histoire de l'enregistrement...

Pour Charlin : j'écoutais, voici quelque temps, Lionel Risler... petit fils du célèbre pianiste dont Arthur Rubinstein parle dans ses Mémoire d'avant la Guerre de 1914 !, qui a été assistant de Charlin... Il y a une autre légende qu'il faut démolir : c'est celle qui dit qu'il n'utilisait qu'une tête artificielle : Risler disait que Charlin... utilisait aussi des micros d'appoints...

Ceci pour dire qu'en réalité ce qui compte le plus, c'est le talent des preneurs de son, des directeurs artistiques et des artistes :

Un chef qui dirige de façon confuse... enregistré dans une salle magnifique et par un preneur de son exceptionnel... produira un disque dont 99% des auditeurs penseront qu'il est mal enregistré....
Un pianiste de second rang, à la sonorité banale, au jeu flou, pas net, enregistré par un as de la prise de son... donnera un disque admirablement enregistré... mais pas génial du point de vue du son car le son enregistré ... est banal et sans intérêt...


Quant aux montages : depuis des décennies... on maquille certaines choses avec les ciseaux hier... avec le mixage/Montage aujourd'hui...

Mais bon l'idée que les disques d'aujourd'hui sont "parfaits" et que les jeunes artistes le sont à cause de l'exemple du disque : c'est une des idées reçues les plus étranges qui soient et qui court la littérature sur le sujet depuis avant l'enregistrement sur bandes.

Une autre : les tempos sont plus rapides aujourd'hui... or, c'est tout à fait inexact...

Une autre : les temps sur les 78 tours sont plus rapides car la durée des faces contraignaient les artistes à jouer plus vite (ce qui contredit l'autre affirmation soit dit au passage) : encore faux, il existe des lives qui remontent... aux années 1920 et des relevés de minutages fait dans les théâtres, ou les journaux.... ben, on le sait : c'est faux. Et pourtant, on continue de le raconter et il y a même des études apparemment sérieuses qui continuent de l'affirmer...


Des disques pleins de collants paraissent naturel et sont très vivants... des disques enregistrés en public sonnent précautionneux et mort...


C'est finalement un peu de tout, comme le disait Alain. Les années 70/80 sont éloquentes à ce propos avec des enregistrements difficilement rattrapables. I


On peut même dire que dans le domaine de la musique classique : elles sont assez terrifiantes.... les preneurs de son historiques, comme les producteurs historiques venus du monde de la musique et souvent musiciens eux-mêmes avaient laissé la place à des gens assez souvent coupés de la musique et confrontés à des conditions de productions de plus en plus dures : il fallait faire des économies... D'ou paradoxalement la débauche de moyens : il est plus facile de mélanger des prises faites à plusieurs mois de distance avec du rerecording, de monter à la serpe quand on fait du multimicros fait de très près donc que quand on enregistre de façon "naturelle"...

UN grand coup de réverbération artificielle sur un multimicro/multipiste fait passer bien des choses que l'on ne peut pas masquer avec une prise de son faite de façon respectueuse de l'acoustique du lieu et de la balance...

Un chef comme Ernest Ansermet, mort à la fin des années 1960, était connu chez Decca pour une chose : il était la terreur du pool technique. Car il interdisait tout bidouillage. Il disait que le preneur de son, c'est lui... Et il exigeait d'entendre en cabine de contrôle la balance qu'il faisait lui même dans la salle face à son orchestre...

40 ans plus tard, ses disques n'ont pas pris une ride : ceux de Solti qui a laissé le pool technique de Decca bidouiller sont pour la plupart dans les années 70 et 80 inaudibles... sauf ceux d'opéra... et irratrappables...

Mais Ansermet enregistrait avec SON orchestre, dans la salle où il jouait et travaillait tout le temps... et Decca venait enregistrer des programmes répétés longeuement avant l'arrivée des micros qui n'avaient plus qu'à cueillir le résultat...

Solti travaillait à Londres avec des orchestres informels bien que portant un nom et il enregistrait des programmes répétés dans le studio pendant l'enregistrement de plus en plus souvent... donc, il faut maquiller... et au multimicro ont fait ce qu'on veut...

10 ans plus tôt : fin des années 1950 et début 60 : les mêmes preneurs de son faisaient des miracles avec le multimicro... pour la tétralogie... car ils obéissaient à des directeurs artistiques incontestés et incontestables qui connaissaient leur boulot de telle façon que la technique leur obéissait....


Il y a quelques jours, j'ai entendu un preneur de son réputé me dire qu'il plaçait un micro au ras des cordes du piano... et deux autres plus loin : comme ça j'ai la précision et l'ambiance... :cry: Que répondre ? Rien...

Pour le moment, je ne peux rien dire de plus, mais un artiste est venu vendredi il y a 8 jours, à la maison avec un CD du commerce, une copie de l'enregistrment originel, une copie du master : nous avons écouté. Il ne m'a rien dit... je ne savais pas quoi passait...

J'ai hiérarchisé sans problème tout en lui disant que l'originel, meilleur que les deux autres, était quand même très mauvais : car enregistré au ras des cordes... Et là, il m'a dit qu'il lui avait été impossible de lutter contre le preneur de son... Le CD du commerce ? Ignoble...

Au moins maintenant pourra t il lutter contre le CD du commerce qui a été outrageusement maquillé à post prod par ajoût démentiel de réverbération pour masquer la dureté évidente du son capté tout près des cordes, sans aucune ambiance acoustique du lieu d'enregistrement...

Aux dernières nouvelles, la maison de disque est enfin d'accord avec lui... et le preneur de son indépendant et très réputé a fini par admettre ses erreurs... tant elles sont manifestes... Mais le disque est foutu : il aura de bonnes critiques, sans aucun doute, le gars joue admirablement bien... mais le son est pourri, irrémédiablement pourri sur les 2000 premiers exemplaires mis en vente... :x :-?

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Message » 20 Déc 2008 13:04

Merci pour tes encouragements Alain mais je gère assez mal certains comportements notamment la méchanceté et la lâcheté. Tu as pu t'en apercevoir.

Pour revenir au sujet, je suis d'accord sur tous les points que tu viens d'évoquer. Au fond, les objectifs des très grands producteurs du passé étaient sans doute mieux soutenus financièrement qu'ils ne le sont aujourd'hui. Je suis convaincu que tout ceci est encore possible de nos jours mais avec des montages financiers différents et une implication personnelle de chacun des acteurs. C'est à cela que je pense quand j'évoque le passé, au fait de pouvoir se jeter à fond dans des projets discographiques où la qualité à tous les étages serait l'objectif premier, pas à la défense d'un mode d'enregistrement à l'ancienne qui n'a jamais été normalisé. Deux, trois ou trente micros... c'est vrai que ça n'a pas de réelle importance tant qu'on ne perçoit pas les contraintes de la technique. Pour ce qui me concerne, je perçois mieux les modifications à apporter quand je n'utilise que deux micros omnis mais c'est mon affaire. Avec des cardios, je fais des choses moches car je ne les sens pas et que dire de trois ou quatre micros à mixer. Ce n'est pas une religion mais le fait que mes oreilles, ou plutôt mon cerveau, se sont habitués à cette configuration et la gèrent mieux. D'accord aussi pour les montages mais ce que tu dis est rarement appliqué par les musiciens eux-même, enfin les novices au disque ou certains anciens qui vivent sur de l'acquis et ne bossent plus beaucoup. La tentation est trop grande, s'agissant des jeunes artistes qui réalisent leur premier enregistrement.
Dernière édition par Philippe Muller le 20 Déc 2008 13:25, édité 1 fois.
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Message » 20 Déc 2008 13:25

D'accord avec ça aussi.

Quant au net : on y rencontre tout et son contraire : les seuls dont il faut se méfier sont les mégalomanes à tendance paranoïaque et pseudos multiples :o Tôt ou tard, ils sont démasqués.

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Message » 20 Déc 2008 13:26

Et on arrive à vivre avec de telles qualités?
Je devine de qui il s'agit.
Philippe Muller
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Message » 20 Déc 2008 14:26

Petite expérience personnelle...

Quand j'achète un SACD et que je le passe pour la première fois, je dois évidemment régler le volume sur l'ampli pour écouter le disque à mon niveau habituel.
J'ai remarqué que le nombre d'écoutes du disque dans les mois et les années qui suivent dépend directement de ce réglage.

- Quand je dois mettre le volume autour de 60, c'est en règle générale un disque que je ne réécouterai jamais. De la pure soupe sonore ultra-compressée au niveau maximum.
- Quand je dois mettre le volume autour de 70, c'est un disque que je réécouterai asez souvent... bonne dynamique, bonne qualité sonore.
- Quand je dois mettre le volume autour de 80, ce sera certainement un de mes disques préférés question qualité sonore: excellente dynamique, pureté des timbres, émotion ressentie extraordinaire.

Mais c'est sûr que si je dois réécouter les disques des deuxièmes et troisièmes catégories dans la voiture ou dans le metro, je vais constamment galérer avec le bouton du volume pour entendre correctement certaines parties ou ne pas m'exploser les oreilles sur d'autres passages.

Bref certains disques sont faits pour être écoutés tranquilement dans son salon sur du matériel haut de gamme, et d'autres sont faits pour être transférés en MP3 sur son ipod, ou passés sur Skyrock. Le véritable problème c'est le nombre de personnes qui sont dans le premier cas, par rapport au nombre de personnes dans le second.... C'est bien malheureux mais la masse n'a évidemment pas les moyens ou l'envie de s'intéresser à de la haute qualité quel que soit le sujet, et pour la musique en particulier. Et d'ailleurs la plupart pensent sincèrement que plus c'est fort et meilleure est la qualité, alors que mon expérience personelle est complètement à l'opposé.
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Message » 20 Déc 2008 15:41

stipus a écrit:Bref certains disques sont faits pour être écoutés tranquilement dans son salon sur du matériel haut de gamme, et d'autres sont faits pour être transférés en MP3 sur son ipod, ou passés sur Skyrock. Le véritable problème c'est le nombre de personnes qui sont dans le premier cas, par rapport au nombre de personnes dans le second.... C'est bien malheureux mais la masse n'a évidemment pas les moyens ou l'envie de s'intéresser à de la haute qualité quel que soit le sujet, et pour la musique en particulier. Et d'ailleurs la plupart pensent sincèrement que plus c'est fort et meilleure est la qualité, alors que mon expérience personelle est complètement à l'opposé.



Je pense que nous n'utilisons pas la même grille d'analyse nous permettant d'identifier "le véritable problème". :roll: :evil:
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Message » 20 Déc 2008 15:53

syber a écrit:
stipus a écrit:Bref certains disques sont faits pour être écoutés tranquilement dans son salon sur du matériel haut de gamme, et d'autres sont faits pour être transférés en MP3 sur son ipod, ou passés sur Skyrock. Le véritable problème c'est le nombre de personnes qui sont dans le premier cas, par rapport au nombre de personnes dans le second.... C'est bien malheureux mais la masse n'a évidemment pas les moyens ou l'envie de s'intéresser à de la haute qualité quel que soit le sujet, et pour la musique en particulier. Et d'ailleurs la plupart pensent sincèrement que plus c'est fort et meilleure est la qualité, alors que mon expérience personelle est complètement à l'opposé.



Je pense que nous n'utilisons pas la même grille d'analyse nous permettant d'identifier "le véritable problème". :roll: :evil:


C'est tout a fait possible, mais j'ai essayé de remonter le fil de discussion pour retrouver quelle pouvait bien être ta grille d'analyse, et je n'ai rien trouvé.
Je pense pour ma part que c'est une question de marché... les maisons de disques veulent vendre leurs disques au plus grand nombre d'exemplaires possibles, et leur cible de marché est donc la masse des gens qui n'écoutent pas sur un système Hifi, qui trouvent qu'une grande dynamique est plus un problème qu'autre chose, et qu'un niveau élevé est synonyme de meilleure qualité.

Je ne pense pas que se soient les ingénieurs du son qui compressent volontairement les pistes, mais que c'est plutôt le service marketing qui leur impose ces pratiques.

Quel est ton analyse exactement ?
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Message » 20 Déc 2008 16:08

syber a écrit:
stipus a écrit:Bref certains disques sont faits pour être écoutés tranquilement dans son salon sur du matériel haut de gamme, et d'autres sont faits pour être transférés en MP3 sur son ipod, ou passés sur Skyrock. Le véritable problème c'est le nombre de personnes qui sont dans le premier cas, par rapport au nombre de personnes dans le second.... C'est bien malheureux mais la masse n'a évidemment pas les moyens ou l'envie de s'intéresser à de la haute qualité quel que soit le sujet, et pour la musique en particulier. Et d'ailleurs la plupart pensent sincèrement que plus c'est fort et meilleure est la qualité, alors que mon expérience personelle est complètement à l'opposé.



Je pense que nous n'utilisons pas la même grille d'analyse nous permettant d'identifier "le véritable problème". :roll: :evil:


Comment penses-tu que tes lignes peuvent être reçues lors de leur lecture ?
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Message » 20 Déc 2008 16:10

La compression est un vaste sujet qui concerne les musiques actuelles en particulier et moins systématiquement la musique classique.
Cela n'apporte rien de l'imposer avec l'enregistrement sauf si cette compression est nécessaire pour rééquilibrer certains instruments qui sont trop dynamiques lorsqu'ils sont captés de près. La loudness war qui consiste à tout écraser n'a strictement aucun fondement technique car les radios FM compressent déjà. Le gain est donc ridicule; il s'agit plutôt d'une mauvaise habitude.

Enregistrer un CD au taquet n'apporte rien non plus, Emmanuel Piat est très clair sur cette question. Il serait bien plus intéressant d'équiper les lecteurs de compresseurs débrayables afin de permettre aux puristes équipés de systèmes performants d'écouter une musique plus libérée. Seul inconvénient pour certains: la compression serait un peu trop systématique dans ses "couleurs". Avec les sources numériques, il serait tout à fait possible d'intégrer des plugins programmables et flashables avec le petit fichier qui va bien contenu dans le CD. Chacun pourrait choisir.
Certains lecteurs fort chers, aptes à proposer des équilibres différents, semblent fonctionner suivant ce principe mais avec des presets d'égalisation fixes.

L'autoradio de ma voiture, qui est le modèle livré avec, dispose d'un compresseur commutable. C'est pratique pour écouter des disques non compressés sur chaussée bruyante.

A priori, on peut estimer que plus le niveau moyen est bas, plus la dynamique est respectée.
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Message » 20 Déc 2008 16:36

syber a écrit:
syber a écrit:
stipus a écrit:Bref certains disques sont faits pour être écoutés tranquilement dans son salon sur du matériel haut de gamme, et d'autres sont faits pour être transférés en MP3 sur son ipod, ou passés sur Skyrock. Le véritable problème c'est le nombre de personnes qui sont dans le premier cas, par rapport au nombre de personnes dans le second.... C'est bien malheureux mais la masse n'a évidemment pas les moyens ou l'envie de s'intéresser à de la haute qualité quel que soit le sujet, et pour la musique en particulier. Et d'ailleurs la plupart pensent sincèrement que plus c'est fort et meilleure est la qualité, alors que mon expérience personelle est complètement à l'opposé.



Je pense que nous n'utilisons pas la même grille d'analyse nous permettant d'identifier "le véritable problème". :roll: :evil:


Comment penses-tu que tes lignes peuvent être reçues lors de leur lecture ?


Je relatais une expérience personelle, et mon avis personnel sur la question. Tu ne sembles pas d'accord et j'en suis fort aise (je ne pense pas détenir la vérité absolue), je suis tout a fait ouvert à la discussion. Sur ce je te pose une question for simple sur ton point de vue, et tu réponds par une autre question.

Désolé mais ce procédé est en général utilisé par les spécialistes de la langue de bois !

La solution d'implémenter un compresseur de dynamique débrayable sur les équipements de masse, et d'arrêter de sur-compresser les disques me semble une très bonne idée. Par contre il faut trouver un composant fiable et très peu onéreux afin de pouvoir l'implémenter dans une grande partie des équipements populaires, ce qui permettrait ensuite d'endiguer l'hémorragie de sur-compression observée en particulier sur certains types de musique.
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Message » 20 Déc 2008 16:45

Un composant pas cher, c'est tout à fait possible car les convertisseurs sont déjà en place. Le matériel pro nous démontre que c'est tout à fait imaginable pour le prix d'une poignée de clous.
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Message » 20 Déc 2008 18:42

haskil a écrit:Philippe, tu es plus fait pour les forums que tu ne le penses... :wink:


Avec tout ceci je suis en accord ! Car c'est une excellente base de discussion :

Mais Philippe, je pense qu'on peut aboutir aussi à un disque produit en studio, selon les conditions du studios, avec les montages faits pas pour pallier les manques de l'artistes, mais pour qu'il puisse s'exprimer exactement comme il l'entend : une interprétation peut être quelque chose de mis au point de façon millimétrique... tout en étant spontanée d'apparence.

Le disque peut ne rien avoir à faire avec le concert. La recherche de perfection musicale qui a animé par exemple Walter Legge (producteur de Schwarzkopf, du jeune karajan, de Lipatti, entre autres) qui souhaitait un disque le plus parfait possible et choisissait des artistes capables de cela... a débouché sur quelques uns des disques les plus magnifiques de l'histoire de l'enregistrement...


Alain a raison, tu es tout à fait fait pour les forums! Tu t'exprimes avec beaucoup plus de clarté que moi (bon d'accord c'est pas dur! :lol: ), et sans le côté "ours" en plus ( dont je pense pouvoir affirmer le partager un peu avec Alain! :lol: :mdr: :mdr: :wink: )!

En passant, je re-parcours ce fil, et je me rends compte que nous sommes certainement sur la même longueur d'onde avec Alain, mais avec des vécus différents (le mien étant probablement plus court en durée) amenant parfois des points de vue difficiles à concilier dans la forme...

C'est bien tout le problème des forums, il s'agit d'écrire ce que nous savons bien plus aisément dire, en évitant les mal compréhensions!

Sans quoi un point de vue énoncé sans but agressif peut déclencher un déluge! :-?


A propos de retour à l'ancienne, je suis circonspect. C'est quoi, à l'ancienne?


Voilà bien un endroit où je me suis mal exprimé! Quand je disais à l'ancienne, je pensais au fait que l'on est revenu de cette manie de la forêt de micros, et que de plus en plus de musiciens veulent revenir à des disques moins édités, plus...authentiques???

Probable d'ailleurs que le mastering et la guerre de niveau prenne le même chemin! Je l'espère! :-?

Pour revenir au sujet, je suis d'accord sur tous les points que tu viens d'évoquer. Au fond, les objectifs des très grands producteurs du passé étaient sans doute mieux soutenus financièrement qu'ils ne le sont aujourd'hui. Je suis convaincu que tout ceci est encore possible de nos jours mais avec des montages financiers différents et une implication personnelle de chacun des acteurs. C'est à cela que je pense quand j'évoque le passé, au fait de pouvoir se jeter à fond dans des projets discographiques où la qualité à tous les étages serait l'objectif premier, pas à la défense d'un mode d'enregistrement à l'ancienne qui n'a jamais été normalisé. Deux, trois ou trente micros... c'est vrai que ça n'a pas de réelle importance tant qu'on ne perçoit pas les contraintes de la technique. Pour ce qui me concerne, je perçois mieux les modifications à apporter quand je n'utilise que deux micros omnis mais c'est mon affaire. Avec des cardios, je fais des choses moches car je ne les sens pas et que dire de trois ou quatre micros à mixer. Ce n'est pas une religion mais le fait que mes oreilles, ou plutôt mon cerveau, se sont habitués à cette configuration et la gèrent mieux. D'accord aussi pour les montages mais ce que tu dis est rarement appliqué par les musiciens eux-même, enfin les novices au disque ou certains anciens qui vivent sur de l'acquis et ne bossent plus beaucoup. La tentation est trop grande, s'agissant des jeunes artistes qui réalisent leur premier enregistrement.


Également d'accord. Il y a tout de même vraiment un problème de financement ces temps-ci.
Dans tous les domaines musicaux d'ailleurs. Et je crains que de ne soit pas prêt de s'arranger! :cry:
maikol
 
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