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Films (débats, critiques), personnalités (acteurs, réalisateurs), prochaines sorties, les salles, la presse spécialisée...

[THEME] Le Cinéma Muet

Message » 28 Nov 2012 18:27

- C'est vrai qu'au premier coup d'oeil, il y a un "excès" de contrastes dans la mise en scène mais on s'aperçoit vite que c'est un choix expressionniste presque symbolique, totalement cohérent avec le sujet et l'histoire qu'il sert particulièrement bien.

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- "Le film laissant supposer qu’il y a plus de sentiment et d’amour au bordel que dans la société"
Concernant la maison close, je ne pense pas du tout qu'il s'agisse de sentiment et d'amour.
Après la première nuit éprouvante au bordel, c'est la mère maquerelle qui vient la réveiller et que lui apporte-elle? Du réconfort? Non, une liasse de billets.
Le seul sentiment qui peut créer un lien "familial", c'est à mon avis la sensation de tous être dans la même galère.
Il me semble que pas mal d'indices l'indiquent dans le film.
Fabi
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Message par Google » 28 Nov 2012 18:27

 
 
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Message » 28 Nov 2012 18:57

Oui n'oublions pas Pabst :mdr:

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Rien n'est laissé au hasard dans sa réalisation, c'est d'une précision horlogère suisse, pas une pièce de son puzzle n'est de simple garnissage, c'est une construction dont les pièces s'assemblent merveilleusement et ont chacune une utilité. A côté de cette mécanique tout un tas de scènes sont d'une grande poésie, ce film est complet.

Je pense qu'il faut voir le film de Pabst comme un conte poétique expressionniste, nous lisons un Journal intime, avec en thème une critique sociale. Pabst ne cherche pas à faire un réalisme quasi documentaire. Il y a beaucoup d'ironie dans son film et même du fantastique, la porte s'ouvrant toute seule, la gestuelle du garde de la maison de correction.
Je suis tenté de rapprocher ce film de "La Nuit du Chasseur" par exemple. Il y a un côté iréel et pourtant implacable. La scène du viol tournée de manière presque romantique etc... Pas du tout le choix d'un réalisme cru. Il y a un traitement artistique.
Kishizo
 
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Message » 29 Nov 2012 0:28

Pas terminé cette partie, je reprends :
http://www.youtube.com/watch?v=WsUGgDK7 ... ure=relmfu

Au petit matin la maquerelle et une fille arrivent au chevet de Louise, effet encore assez second degré car on a l'impression de personnes venant rendre visite à une petite malade. Mais non, nous ne sommes pas à l'hopital mais dans une chambre du lupanar, l'arrivée des silhouettes se fait d'ailleurs dans les miroirs et la déco ne prête pas à confusion...
L'éveil de Louise est ce qu'il est, la voir vaut mieux qu'une mauvaise description, grande actrice.
La souteneuse lui transmet l'enveloppe avec les biftons de la passe de la veille avec le moustachu. Louise émergeant et les idées peu claires se remet dès lors les idées en place et se retourne dans son lit pour échapper à la vision de ses visiteuses et à la triste réalité.
"Sois raisonnable mon enfant, tu n'as même pas un vêtement à te mettre sur le dos."
Une autre fille et Erika entrent à leur tour ainsi que le neveu, tout ce petit monde joyeux de la soirée de la veille, la maquerelle leur fait signe que cela ne va pas bien pour Louise et de la laisser et de quitter la pièce, réellement très proche d'une scène de visite à l'hopital. La souteneuse reprend la liasse voyant que ce médicament n'est pas encore le bon pour soigner les maux de Louise. Seul le neveu du comte proche de la famille reste dans la pièce avec la maquerelle pour veiller la malade.
La maquerelle dit à celui ci qu'il pourrait la sortir de cette mauvaise passe :lol:
Le neveu ironique rappelle qu'il n"a pas un sou en poche et a été désavoué par son oncle.
Louise se redresse et l'air décidé annonce qu'elle peut travailler.
Mais que ferais tu mon enfant ? lui demande Dame Claude
Louise se lève et dirige vers le bureau pour écrire sur une carte.
Pendant ce temps la maquerelle glisse au neveu un billet d'un air entendu, il vivra lui-même au dépens de Louise et de son taf de courtisane s'il sait la remettre dans le droit chemin des tâches de l'établissement. Il devient un parasite ce qu'il était sans doute déjà avant avec son oncle.
"S'il vous plait soyez gentille de mettre cette annonce dans le journal."
La maquerelle s'isole et regarde le texte Louise propose des cours de danse et donne l'adresse du lupanar. Elle va malicieusement ajouter au texte "La Charmante" ce qui va faire pencher le lecteur pour une annonce invitant à une partie de jambes en l'air tarifée. Un peu comme les massages de nos jours faire gaffe aux tournures des phrases :mdr:
C'est enlever toute chance à Louise même si elle n'avait sans doute pas la compétence de donner un réel cours de danse, c'est assez dur sous l'aspect drôle mais le mélange est constant entre la dérision et le grave dans ce film, ce qui me le rend très agréable car le pathos lourd je n'aime pas en général.

On arrive sur un zébulon endimanché dont on comprend vite que c'est le premier client de Louise, il tate de sa canne le confort de la banquette et prépare quelques billets qu'il sort d'une grosse liasse. Louise arrive avec encore une remarquable perf d'actrice mais elle est tellement expressive. Elle fait passer dans le regard l'aspect tendu, timide gauche et se voulant sérieuse pour se donner une contenance d'un jeune à son premier emploi.
Louise dévoile un tenue délicieusement vintage pour nous sous l'oeil lubrique du client.
Elle va se servir d'un tambourin bien sûr à ce moment on se souvient de la gymnastique de la maison de correction elle même rythmée par cet instrument dont elle va se servir pour s'essayer à une nouvelle vie. C'est encore d'une ironie assez mordante, elle puise de ses expérience.

A la première frappe le client va faire un salut militaire qui rappelle étrangement la scène de surprise de Louise lorsqu'elle surprend son père avec Meta et se touche la tête d'une manière similaire, tout est en echo dans ce film, les scènes semblent dialoguer entre elles, du grand art.
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Le seul truc qu'elle appréciait dans la maison de correction elle va s'en servir :
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Kishizo
 
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Message » 29 Nov 2012 13:27

http://www.youtube.com/watch?v=_pf6MvvnNvU

Le zébulon va faire tomber les bretelles et se rapprocher de Louise pour demander la suite de la prestation. Il va suivre une scène burlesque avec le Dr Vitalis qui va jouer au gros bras pour protéger Louise. La différence physique entre les deux personnages hauts en couleur le petit ballet du chat et de la souris dans la pièce et il va attraper par le col le client.

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La mère maquerelle arrive et aperçoit la veste de Zébulon à terre avec une grosse liasse de billets à côté. Dès cet instant elle va prendre grand soin de Zébulon et l’aider à remettre la veste et calmer le jeu, un nouveau pigeon à plumer. Zébulon de son côté s’explique en montrant l’annonce du journal qui pour lui est claire.

Le Dr Vitalis demande pendant ce temps à Louise : « Mon enfant comment t’es tu retrouvée là ? » « Tu le regretteras amèrement, je te préviens ! »
Le Dr Vitalis est poussé par deux filles loin de Louise.
Une fille explique à Louise « C’est le Dr Vitalis il est venu dans l’intention de nous sauver pour finalement rester avec nous. » La scène se termine avec tout le monde réconcilié, la liasse de Zébulon est un sésame d’entrée « aux Deux Anges ».

On attaque sur la scène la plus technique du film : la grande soirée donnée « au Deux Anges », magnifique chorégraphie des corps et du mouvement de caméra. Pabst fait un panoramique sur la salle, on découvre le mouvement des danseurs, puis la partie bar, chaque figurant semble placé avec soin la composition est magnifique d’équilibre de même nature que celle évoquée par Fabi prenant structure sur le Rembrandt, digne de peintures.

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La caméra va arrêter son mouvement à une entrée avec Louise qui apparaît assez rayonnante entourée d’admirateurs masculins. Deux filles sortent et deux des admirateurs de Louise la quitte pour suivre ces deux abeilles, nous sommes comme dans une ruche.
Plan sur Louise dansant puis sur un autre axe de la pièce avec l’escalier et au premier plan bouteille de champagne et les coupes. Le Dr Vitalis est là et s’occupe de remplir les coupes, Louise le regarde semblant heureuse et insouciante, le décor est planté et on sait qu’il va se produire un évènement.
Louise tout à sa joie dit au Dr Vitalis : « Vous semblez être à des funérailles, souriez cher ami ! » le Dr Vitalis lui répond : « N’est ce pas ton anniversaire aujourd’hui ? »
Le Dr Vitalis semble avoir l’alcool triste de se rendre compte qu’il est de cette fête, mais n’a rien à fêter puisque aucune des filles n’est éloignée du bordel et particulièrement Louise qui semble malheureusement s’être intégrée tout comme lui. Il sort deux billets les lançant aux barmaids de manière désabusée.
Louise reprend la parole pour rendre plus joyeux le Dr Vitalis : « Je sais juste que nous allons organiser une loterie pour vous. »
Louise inscrit quelque chose sur un petit papier et le glisse dans les autres éparpillés sur plusieurs grands plateaux avec lesquels les filles vont passer pour demander participation aux invités. C’est un petit peu bizarre car chez Pabst rien n’est laissé au hasard, le mot funérailles a été prononcé et là on a un peu l’impression d’une quête pour une messe. Je pense qu’il souhaite faire raisonner cette fête avec celle du début de la confirmation religieuse, cette fois on célèbre l’enterrement de sa pureté.

Un intertitre arrive : Une fois par an le pharmacien sort avec son épouse en ville.
Juste derrière, plan sur Papa et Meta attablés avec une main qui apparaît d’un personnage hors champ remplissant les verres. Puis mouvement de caméra pour remonter jusqu’à lui horreur et consternation l’employé violeur isolé dans le plan, sa place ne devrait pas être là mais enfermé dans une geôle. A l’époque le plus souvent l’homme inséré dans la société soudoyant une jeune mineure s’en sortait mieux que la victime rejetée par la communauté, l’idée étant que la jeune fille avait forcément provoquée le Monsieur.

Intertitre pour le vilain qui dit « Ici nous nous trouvons en présence du côté sordide de la grande ville ! » Pabst en rajoute une couche dans le côté révoltant de la situation.

Une fille arrive avec ses billets de tombola et son plateau, le vilain achète un billet et lui demande : qu’avons-nous à gagner ? avec un air lubrique.
A ce moment Pabst semble répondre puisqu’il enchaîne avec un plan dans lequel on voit Louise portée par des hommes sur une table, c’est elle l’offrande.

Le père qui était rigolard porte son regard sur la scène et intraduisible échange de plans avec Louise qui du haut de son podium en robe blanche telle une divinité païenne est présentée à l’assistance. Le père se lève semblant furibard, très beau jeu chorégraphique avec des invités passant devant lui et semblant l’empêcher de progresser.
Louise de son côté descend et semble vouloir le rejoindre, des hommes l’entourent la flattant pendant que son père progresse seul, échanges de regards d’un grande intensité climax énorme.

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Le père est immobile devant la piste des couples virevoltant en dansant, ils sont chacun d’un côté de la piste de danse. Louise essaye d’avancer mais les danseurs l’empêchent également comme un effet de houle.

De son côté Meta prend le Papa de Louise par le bras pour lui dire qu’il faut partir, Louise regarde la scène immobile entre les danseurs tournoyant autour d’elle. Le vilain vient prêter main forte à Meta pour embarquer au plus vite le père.

Comme pour nous faire languir du dénouement Pabst change de scène avec un plan sur l’escalier avec le neveu qui tire son billet de tombola et découvre le prénom de Louise, indice pour la suite puisque c’est bien lui qui nous le verrons épousera Louise avec un gros lot à la clef. Il arrive vers Louise goguenard avec son billet à la main. Louise comprend à ce moment que la confrontation avec son père est sans espoir et va se blottir craintive dans les bras du neveu. Bien sûr le surnaturel de la scène est renforcé par des gens applaudissant autour de Louise. Pabst joue leur mariage avant l’heure.

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Le père rend les armes et encadré par le vilain et Meta se dirige vers la sortie, la scène raisonne avec celle dans laquelle il n’avait pas cassé la gueule du vilain ou encore l’arrivée à la maison de redressement dans laquelle il ne dit pas au revoir à sa fille, il va encore rater les adieux à sa fille…. Car de funérailles il sera question par la suite.
Louise est au bord des larmes, le Dr Vitalis également, et il lui dit :
« Oui, Louise, tu es une fille perdue maintenant. »
Et il prolonge avec un « …comme nous sommes tous perdus. »
Chouette fiesta :ane:
Kishizo
 
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Message » 30 Nov 2012 12:55

La suite et fin de l'extrait Youtube.

Un intertitre : "Trois ans ont passé depuis la douloureuse rencontre entre le père et sa fille.
Louise poursuit sa même vie".
Plan sur Louise lisant un carton de faire part du décès de son père, mort subitement dans son sommeil, puis un courrier du notaire l’invitant à se rendre à son ancienne maison en sa qualité de légataire pour la régularisation de la succession.
Ensuite on passe sur la maquerelle le neveu et les filles jouant aux cartes. Le neveu vient de gagner comme à la tombola :idee: Quel humour et roi des indices ce Pabst :grad:
Louise arrive vers eux avec le courrier. La maquerelle s’exclame « Mais tu vas être riche » Louise répond « Oui je vais pouvoir démarrer une nouvelle vie. »
La maquerelle ne perdant pas le sens des réalités lui dit « Pour une nouvelle vie, tu as besoin d’une nouvelle identité. »
Plan sur la maquerelle qui prend et regarde la dernière carte posée (elle a déjà une petite idée :lol: ) et caméra qui remonte vers le neveu pensif mais qui n’a pas encore compris gros nigaud.
La fille à côté va dévoiler la carte et mettre les pieds dans le plat : « Il devrait se marier avec elle, comtesse Louise Osdorff, en voila une identité ! »
Le neveu du comte se lève choqué en montrant sa chevalière ornée du sceau de sa famille, seule chose lui laissant un peu d'orgeuil, mais en quoi vaut il mieux ce maquereau que notre jolie courtisane ?
Louise avec un petit air de chien battu à craquer tripote son pendentif offert par le neveu lors de sa confirmation. Le neveu est pensif mais il faut se rendre à l’évidence, il a besoin d’argent. Applaudissement des filles qui résonne avec la scène du dancing et poignée de main pour sceller le destin de la fille perdu avec le noble désavoué. Pas de chance pour le neveu, interprété au passage par un acteur français, le sien sera dès lors funeste.
Kishizo
 
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Message » 01 Déc 2012 0:27

Je ne perds pas de vue cet échange mais Hebdo oblige, je reviendrai un peu plus tard. Continue à nous faire rêver. :love:
Fabi
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Message » 03 Déc 2012 0:02

Je reprends Fabi :wink: je vais en venir à bout :o :lol:

http://www.youtube.com/watch?v=tOBV_hQ8Lwc

Ouch je n'avais pas écouté l'accompagnement musical proposé, alors surtout comme relevé par Led ne pas mettre le son, en silence ou alors se mettre sa propre musique.
Combien de personnes doivent passer à côté de si bons films à cause d'horreurs pareilles ?

Nous nous retrouvons donc chez Louise dans le bureau de son défunt papa avec le notaire, le vilain, Meta et ses deux jeunes enfants.
Intertitre dans lequel le notaire demande au vilain s'il désir effectivement exercer son droit de rachat de la pharmacie et provoquer par conséquent le départ de la pauvre veuve Meta de sa maison.
Plan sur la veuve avec ses deux enfants dans les bras et un brassard noir pour marquer le deuil, elle ne possède même pas de tenue adéquate, elle revient à la case départ mais repart avec deux enfants, une caisse en bois et deux valises, le papa de Louise endetté ne lui laisse rien. Elle rétrogade alors que le vilain préparateur en pharmacie et violeur à ses heures perdues monte en grade et va devenir le pharmacien.
On voit un homme mettre sur l'épaule la caisse en bois pour descendre les affaires de Meta. Pourquoi Pabst s'attarde sur cette scène et cette caisse ?
Puis un plan sur Louise arrivant et gravissant l'escalier a t elle croisé l'homme, on ne le voit pas à l'image mais comment ne pas penser à l'homme descendant le cercueil de son propre enfant dans l'escalier plus tôt dans le film. Ce film suite à la censure et de part son âge a connu des traficotages, a été recomposé, la scène existait elle me fais je un film :lol:
Ah en fait Louise s'arrête dans l'escalier et regarde vers le bas, Pabst a peut-être pensé que cela aurait été lourd de rejouer une scène trop identique, mais il nous fait comprendre qu'elle a croisé l'homme et sa caisse et que l'inconscient de Louise est en marche :grad:
Son pas dans l'escalier est lent et grave on peut noter l'opposition avec la jeune innocente courant dans l'escalier du début.
Louise entre dans la pièce et Pabst fait un plan sur le vilain avec encore une caisse mais métallique cette fois devant lui.
Echange de regards entre Louise et Meta et c'est cette dernière qui baisse cette fois les yeux.
Le notaire explique à Louise que le vilain a racheté la part de 45 000 marks lui revenant de sa mère et devient le seul propriétaire de la pharmacie.
Le vilain ouvre la caisse et sort de grosses liasses de billets et les tend au notaire qui transmet à Louise.
Plan sur les billets posés sur la table puis Pabst remonte sur la caisse métallique et enfin sur le vilain.
Meta et ses enfants s'apprêtent à partir.
Louise se dirige vers la fenêtre, plan avec le vilain et sa caisse toujours bien apparente devant lui. Louise peut voir de la fenêtre le petit attelage confié à un chien qui donne une impression très funéraire avec la caisse en bois dessus. Peut elle abandonner sa demi soeur à un tel sort ? accepter de l'argent de son violeur ? Et son inconscient la conduit à reporter l'amour qu'elle n'a pu donner à sa propre fille si présente bien qu'absente dans la scène par les indices de Pabst.
Ni une ni deux elle demande à ce qu'on rappelle Meta et ses enfants.
Belle scène inversée par rapport à celle du jugement de l'assemblée familiale qui jugeait du bébé et de Louise, cette fois c'est Meta qui empêche Louise de s'approcher de son enfant avant de se raviser. Bien sûr on peut remarquer que la petite fille possède la même coupe de cheveux et brune comme Louise. A ce moment là il y a une sorte de réconciliation entre les deux femmes. Tout en serrant sa petite soeur dans les bras Louise aperçoit les billets dans sa main et sa décision est prise en une fraction de seconde, elle met les billets dans les mains de sa soeur et la renvoit vers sa maman. C'est un peu le même système que la scène de la rencontre au dancing avec son papa mais cette fois la petite fille va permettre le lien entre les deux femmes, il n'y aura pas le même fossé infranchissable. Très jolie scène :wink:
Kishizo
 
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Message » 06 Déc 2012 23:44

Après cette scène réchauffant nos petits coeurs retour au drame.
Aux Deux Anges avec le neveu plein de passion expliquant ses projets aux filles.
Louise arrive de retour de chez le notaire, elle est heureuse les filles se précipitent et lui demandent de voir l'argent, plan sur le neveu au bord de l'extase.
Intertitre : "je l'ai donné à ma petite soeur elle ne connaîtra pas ma destinée".
Nouveau plan sur le neveu et bah pas vraiment drôle on peut ressentir sa peine profonde, très beau regard à 9'15 son visage se tournant vers la fenêtre, il y a un niveau d'interprétation général de très haute volée dans ce film. La scène du suicide est très fugitive, on ne voit presque que les papiers de son projet plus légers flottant un court instant avant de descendre le rejoindre.

Belle transition avec un plan sur les fleurs proches de la fenêtre et un fondu passant à celles recouvrant le cercueil qui lui même descend au fond du trou prolongeant la chute du neveu. Tout en finesse Pabst.
Ne sont présentes à l'enterrement que les filles de joie et Louise portant toutes le deuil et l'oncle à l'écart en tenue classique. Je pense qu'il faut comprendre qu'à l'époque le suicide était quelque peu honteux et non accepté, aucune présence de prètre et fait en catimini. Les filles de joie sont elles mêmes rejetées par la société bien pensante et hypocrite et n'ont pas ce genre de préoccupations et accompagnent le neveu répudié à son dernier refuge. L'oncle observe la scène éloigné et à l'écart.

Louise et une fille partent s'asseoir sur un banc, Louise demande suis je responsable de cette mort ?
L'oncle se rapproche et la fille laisse Louise avec lui.
"Je suis le plus coupable. je n'aurais pas dû répudier ce pauvre garçon."
Il place sa main sur celle de Louise.
Puis se lève et déclare solennel "Puis je réparer avec vous le mal que je lui ai causé ?"
Louise ne répond pas elle le regarde se lève et ils repartent ensemble.
Petit courier ensuite écrit de la main de Louise dans lequel elle explique qu'ils sont dans une station balnéaire et que le comte est si charmant avec elle, que son ancienne vie lui paraît être un affreux cauchemar.
On se retrouve sur une plage avec le comte habillé fumant et lisant le journal très classe installé dans une sorte de corbeille redressé et moletonnée, je suis preneur de ce type de modèle vintage :lol:
Pendant ce temps Louise joue dans l'eau avec des gens plus de son âge. L'oncle la regarde souriant et protecteur.
Puis arrive un plan avec un moustachu portant un bonnet marin, zut c'est notre moustachu de la première nuit au bordel de Louise :evil:
Quel soudard ce gars il danse d'une manière vulgaire avec une jeunette qui semble être sa proie comme Louise l'a été.
Une nana lance un ballon et éclabousse le couple, le moustachu lui part après comme voulant lui donner la fessée :mdr:
Dans ce petit jeu de poursuite la proie lui échappant il remet son peignoire déçu et aperçoit à ce moment Louise, il reprend le sourire.

Changement de pellicule :
http://www.youtube.com/watch?v=WbAW5RDV4xA

Louise arrive guillerette et badine vers l'oncle.
Bien sûr on peut se poser des questions sur la relation entre le comte Osforff et Louise comme le font les deux dames passant et qui regardent la scène mais il ne me semble pas que Pabst cherche à jouer ce petit jeu, Louise paraît trop insouciante et enfin heureuse pour nous guider dans cette direction.
Hop un intertitre : Cousin Osdorff !
Ah les deux rombières sont de la famille :lol:
Elles s'approchent pour causer et le comte paraît gêné de la présence de Louise, petit regard noir de Louise adressé au comte, il doit avoir peur de ce que ses deux cousines vont pouvoir s'imaginer.
"Ma nièce la comtesse Osdorff"
Louise retrouve le sourire et le comte et les cousines s'éloignent.
On aperçoit alors le moustachu au sourire carnassier s'approcher à son tour.
"Petite Louise tu ne me reconnais pas ?"
Louise le regarde mais non elle ne le reconnait pas, jusqu'à ce qu'il parle sans doute pour lui dire Aux deux anges.
Dès lors Louise s'enfuit à toute vitesse rattrapée par son ancienne vie.
Kishizo
 
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Message » 13 Déc 2012 13:15

Attention :oldy:
Pour les réfractaires à Youtube diffusion du Journal d'une fille perdue sur Arte :
Mardi 18 décembre 2012 à 0h15 :P
http://www.arte.tv/fr/690880.html

C'est le muet du mois sur Arte, les programmateurs sont très attentifs à notre Topic :ane:
A vos magnétos :grad:
Kishizo
 
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Message » 13 Déc 2012 20:23

Si j'avais su... :x

Mais pourquoi y a t-il une photo de Fabi sur le site d'Arte ?

:ane:
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Message » 18 Déc 2012 12:18

Fabi est rousse avec un bonnet vert en ce moment :grad:
Tu dois parler du regard troublant du bandeau du blog d'olivier Père le programmateur.
http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere ... g-w-pabst/

Un autre indice laisse penser que Fabi est dans le coup de cette programmation sur Arte, le titre du film est en version belge :idee:

Pour récapituler :
En France le titre est "Le journal d'une fille perdue"
Au Canada "Le journal d'une jeune fille perdue"
En Belgique "Trois pages d'un journal"

Comme Hcfr est francophone on parlera par convention du "Journal" pour ne pas faire de jaloux et ne pas engendrer de communautarisme :charte:

Aux magnétos ce soir, il n'y aura pas de rediffusion :oldy:
Kishizo
 
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Message » 18 Déc 2012 18:40

Kishizo a écrit:Fabi est rousse avec un bonnet vert en ce moment :grad:

Fabi est rousse tout le temps. :grad:

Un autre indice laisse penser que Fabi est dans le coup de cette programmation sur Arte, le titre du film est en version belge :idee:

Damn it! Découverte.

Pour récapituler :
En France le titre est "Le journal d'une fille perdue"
Au Canada "Le journal d'une jeune fille perdue"
En Belgique "Trois pages d'un journal"

Comme Hcfr est francophone on parlera par convention du "Journal" pour ne pas faire de jaloux et ne pas engendrer de communautarisme :charte:

Aux magnétos ce soir, il n'y aura pas de rediffusion :oldy:


Merci du rappel. J'allais l'oublier. Quelle horreur! :o
J'ai hâte de le voir en entier, parce que saucissonné sur youtioube, c'est très moyen.
Merci Kishi. :wink:
Fabi
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Message » 09 Oct 2016 5:38

Quel dommage que ce magnifique topic tombe petit a petit dans l'oubli :oldy:


Allez on remonte dans le temps :wink:
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Message » 14 Oct 2016 14:15



Dans la nuit - Charles Vanel - 1929

Vu ce film qui circule parfois dans les festivals de jazz avec une musique jouée en live par Louis Sclavis, le célèbre jazzman.

Ce sublime travail du grand Charles Vanel est sorti en 1929, en même temps que le premier film parlant ! Autant dire que quelque soit ses qualités, il disparut dans les abysses bien remplies des bobines oubliées. Il est temps de le réhabiliter, merci youtube !

Ci dessous ce qu'en dit wikipédia, beaucoup mieux que moi:

« Grâce au travail conjugué de la Cinémathèque française et de l'Institut Lumière (l'une sauva la pellicule, l'autre la restaura), on a découvert que Charles Vanel, grand acteur à la longévité record (soixante-quinze ans de carrière !), fut réalisateur ; et un très grand. À trente-sept ans, il écrit et tourne Dans la nuit, jugeant que « la dépense d'énergie d'un acteur est celle d'un enfant et celle d'un metteur en scène est celle d'un adulte ». Son sens du cadrage, du montage, son audace dans les travellings démontrent, en effet, une hallucinante maturité. Vanel capte la lumière crue, le bonheur simple d'un repas de noces sous la treille. La caméra s'emballe, virevolte autour des acteurs massés dans la carriole qui les mène à la foire du village. La liesse populaire explose, le parfum du printemps enivre. On pense à Renoir et à Grémillon. Et ce moment de grâce où le jeune marié, épuise, n'ose pas réveiller sa tendre, endormie sur ses genoux... Quand le masque du malheur voile le film de noir et le plonge dans la fureur tragique, Vanel embellit le sordide par la poésie horrifique, à la manière de Franju ; jusqu'à la surprise finale, dans une brassée de fleurs des champs... Sorti en même temps que Le Chanteur de jazz, le premier film parlant, Dans la nuit fut totalement ignoré. Charles Vanel renonça à la mise en scène1. À la vue de cette merveille, son découragement semble impardonnable. »

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Message » 15 Oct 2016 1:59

Merci!! :love:
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