marck5 a écrit:
tu as parfaitement raison de citer 2001 pour rebondir sur mes propos et je t'avouerais que le "ou rarement" etait ecrit avec le film de kubrick à l'esprit.de meme que je te rejoins lorsque tu dis "au moins,voir plus metaphysique que l'oeuvre matrixienne" tout simplement parceque ce n'est pas l'approche premiere de matrix meme si la sf n'est jamais que la projection des possibles avec le questionnement sur les societes humaines,la sabliere temporele de "religion,metaphysique,science"en etant la cle de voute.c'est d'ailleurs ce qui fait defaut à une oeuvre televisuelle tres interessante comme peut l'etre battlestar galactica qui a transgressé cette loi dans la projection des possibles avec ce que j'appelle un retour dans l'oeuf.là je parlerais de deliquescence pour ce qui s'annonçait prometteur.
le grand monsieur comme tu dis,pour revenir à 2001,a su reussir ce que tu decris bien mais avoue que quelqu'un de totalement neuf à cette oeuvre,ou n'ayant pas le support du livre de clarke,aura bien du mal à percevoir ce que maitre kubrick aura voulu exprimer dans la derniere portion de 2001.cela peut etre assez abscont meme si kubrick a peut etre voulu que le spectateur eprouve plutot que comprenne,avec la possible vaineté de certaines demarches que tu souligne à raison.
mais l'insatiable curiosité de l'homme etant ce qu'elle est,la sf etant suffisemment vaste pour avoir une multitude d'approche avec des ressorts differents,matrix n'est pas concentré sur une approche purement metaphysique.
d'ailleurs une petite précision sur la simple petite question d'observation que je posais precedemment concernant neo dans la matrice dans matrixreload/rev.sa tenue est pourtant assez claire.c'est une tenue pastorale ou clericale si l'on comprend,qu'il soit l'elu n'indique pas le pourquoi de cette tenue et l'approche reductrice de la notion du monomythe campbellien non plus.
le fait que tu mentionne l'oeuvre litteraire de dune m'incite à dire que peut etre tu ne faisais qu'evoquer dune au cinema comme exemple car en litterature,nombreuses sont les oeuvres à l'univers parfaitement abouti qui ne sont aucunement une entrave à l'imaginaire,bien au contraire.bien plus perilleuse est l'entreprise visuelle.
et le roman dune est un monument de la sf avec un questionnement metaphysique sompteux.le film de lynch ne parvient pas à etre ce qu'il aurait pu,l'auteur lui meme le dit,et lorsque l'on sait ce que representait ce film pour la famille de laurentis,on peut aisemment comprendre pourquoi lynch n'a pas pu faire ce qu'il voulait.malgre le fait qu'il renie son film,sa marque est quand meme là et il a su magnifiquement saisir l'esprit de dune,ce qui n'est pas rien.
en rebondissant sur ce que je vois sur le topic,si je devais choisir entre les deux films(matrix et matrixreload/rev),chose aberrante puisque le 1er sert à construire ce qui sera deconstruit dans le 2eme pour le propos globale,ce n'est certainement pas,mais alors vraiment pas le 1er qui aurait ma preference.
Merci pour ce développement éclairé et étayé

Aux dires même de Clarke, il n'a lui même pas réellement assimilé la dernière partie de 2001 et précise même qu'il verrait comme un échec le fait que quelqu'un déclare maîtriser le propos développé.
Kubrick quant à lui a dit :
« J'ai essayé de créer une expérience visuelle, qui contourne l'entendement et ses constructions verbales, pour pénétrer directement l'inconscient avec son contenu émotionnel et philosophique. J'ai voulu que le film soit une expérience intensément subjective qui atteigne le spectateur à un niveau profond de conscience, juste comme la musique ; « expliquer » une symphonie de Beethoven, ce serait l'émasculer en érigeant une barrière artificielle entre la conception et l'appréciation »
Il n'est en effet pas aisé de fournir une grille de lecture définitive sur 2001 Les auteurs même n'ont pas cherché à faire une "démonstration".
Dune, le film comme le premier livre du même nom, n'est pas encore sur les composantes métaphysiques. Elles sont beaucoup plus largement développées dans les tomes suivants.
Je suis un inconditionnel du film qui, comme tu le dis bien, a su capter l'esprit du livre.
Ce n'est pas un hasard si j'évoque la saga littéraire de Dune. Je l'ai lue trop jeune pour en avoir analysé vraiment les composantes métaphysiques. Je ne sais donc pas trop où cela nous emmène ni si d'autres oeuvres ont, comme elle ou, autrement qu'elle, réussi une forme de quadrature consistant à reboucler les projections de l'esprit sur notre condition humaine.
Moins par provocation que pour préciser ma pensée par une analogie simpliste je dirais, "réussi" de façon pour ainsi dire mécaniste.
Car c'est ce qui finalement me gène dans Matrix (mais je crois que l'as compris grâce à la comparaison à 2001

) c'est cette intention à vouloir nous expliquer l'origine et la quintessence de l'univers de façon presque clinique (et que d'aucun qualifie de fumeuse - mais pas moi

) et ce dans une oeuvre où l'esthétique (au sens large) aurait du rester directrice et ne proposer que des ellipses plutôt que des thèses. C'est en tout cas à la fois la manière dont j'explique la déception de beaucoup (à la manière de la série Lost d'ailleurs qui n'a pas réussi vraiment trouver son positionnement) et mon inclinaison pour les incertitudes de 2001.
Mais pour finir, je vais lire le lien donné car les arguments distillés ici et là par toi même et par Arsenic, me laissent supposer qu'en effet j'ai pu rester en deçà de ce qu'il fallait percevoir et je me réjouirais de redécouvrir ces films avec une nouvelle grille de lecture. Ce sera d'autant moins une gageure que j'ai pris beaucoup de plaisir à les voir car tu l'as dit, ces films proposent d'autres choses très réjouissantes.