» 12 Avr 2016 9:01
Les Années Laser constitue le dernier titre de la presse papier dédié au home cinéma. What Hifi a abandonné pour faire de la musique dématérialisée sur smartphone son fond de commerce... C’est une triste réalité, mais toutes les autres publications ont disparues : Cinéma chez soi, La nouvelle Revue du Son et du home cinéma, Hifi Vidéo, Stéréo Prestige Image, etc… Toutes victimes d’internet, de la gratuité de l’information qu’on y trouve, mais aussi du coût de la presse écrite et de sa distribution.
On peut effectivement critiquer la ligne éditoriale des Années Laser, mais historiquement cette publication a toujours été plus axée sur les films que sur les matériels. D’autres revues avaient choisi de faire l’inverse, mais le nombre d’abonnés n’a pas suivi, les revenus publicitaires ont baissés et l’issue funeste est connue de tous.
Loin de moi l’idée d’opposer le concept de gratuité du net au coût d’un abonnement à la presse écrite. Personnellement, j’avais les moyens et l’envie d’être abonné à toutes ces revues et de soutenir un secteur d’activité tout en cultivant ma connaissance de ce loisir. Cette attitude minoritaire n’aura pas suffi pour permettre de préserver des publications et les emplois directs et indirects qui en vivaient. J’aurais espéré qu’un équilibre puisse se trouver entre les deux vecteurs, internet et la presse écrite. Seulement, l’attrait de la gratuité de l’info (quand il en est question) sur le net et les erreurs marketing du home cinéma ont eu raison de ce loisir et de l’activité économique qui s’était développée autour pour réduire ce concept à une niche dont il était sorti en 1998 avec l’arrivée du DVD.
Le terme d’uberisation est très à la mode et quelque part les forums et autres blogs, parfois très bien faits, en sont une illustration. Dans ces conditions, on peut critiquer Les Années Laser mais ne pas forcément tirer sur l’ambulance. Ce magasine fait ce qu’il peut avec les moyens dont il dispose, pour survivre. Les fabricants d’électroniques ne sont pas toujours très coopératifs et même de moins en moins, avec la disparition de ce type de presse. La moindre des choses c’est de respecter le travail de cette rédaction. Si, et je ne le souhaite pas, ce titre venait à son tour à disparaître, que resterait-il à part la cacophonie des internautes pour chroniquer les films dans les commentaires clients sur Amazon ou donner leurs avis, pas toujours très éclairés, sur les matériels et les évolutions dans les posts éparpillés des forums.
Moi aussi, j’aimerais retrouver des tests et des dossiers complets comme ceux que je lisais dans les années 2000, mais pour ça, il faut accepter de payer un prix.