Bonjour,
Après quelques mois de procrastination pour rédiger un CR sur la toile transsonore de chris.24

, je prends enfin le temps d'exposer mon projet.
Pourquoi le transsonore ?Tout d'abord j'ai abandonné la vidéoprojection il y a bien longtemps, lorsque une fois en appartement je ne pouvais plus prétendre à une image de qualité en raison des contraintes liées à l'usage d'un salon aux murs blancs.
Les meilleurs plasma se sont succédés, tout d'abord en 50" puis en 60" mais rien à faire, la qualité d’image ne pouvait se substituer à l’immersion et l'ampleur du son était démesuré par rapport à la taille de l'image.
La condition sine qua non pour ce comeback était de pouvoir obtenir des conditions de visionnage à hauteur de mes exigences; mes impératifs étant un image à hauteur d'yeux, d'une part pour le confort visuel et d'autres part pour assurer une certaine cohérence son/image.
Etant sur un topic d'écrans acoustiquement transparent, ces propos sembleront logiques mais je rencontre de façon quasi exclusive des installations dont l'écran arrive au ras du plafond et dont la voie centrale est placée bien en dessous de l'écran ... si ce n'est directement au sol. Le pire étant qu’au moins 8 salles dédiées sur 10 font de même ...
A chaque fois, je me demande comment ces personnes peuvent regarder un film de 2H30 tête en l'air et entendre les acteurs parler avec leurs pieds sans que cela ne les interpelle ?!?
Il m'arrive de temps à autres de regarder un film chez un ami qui reprends traits pour traits ces constatations et visionner des films dans ces conditions est un gâchis car en plus de ces incohérences, l'image délivrée est à mille lieux des capacités de son projecteur.
Un écran électrique ?La solution que j'avais envisagé était l'achat d'un écran transsonore électrique car même si son tarif est prohibitif (2 à 4000 € selon la marque), j'estime qu'il se justifie pour un usage sur de nombreuses années.
Sachant qu'à terme je déménagerai pour plus grand, il était hors de question de dépenser une telle somme dans un écran dont la base ne pourrait dépasser 2.34m et qui s'avérera trop petit pour l'avenir.
J'ai alors étudié la réalisation de mon propre écran électrique en partant d'un modèle existant et en remplaçant la toile pvc mais c'est une aventure hasardeuse car le passage de la théorie à la pratique peut vite tourner à la catastrophe.
C'est encore plus vrai lorsque l'on souhaite une bonne planéité de la toile (donc tensionné), des bandes noires sur la toile de projection et un dos noir vu que l'arrière de l'écran ne peut être traité contre les réflexions parasites.
C'est là que ça se corse ... enrouler 2 toiles pose obligatoirement une différence de circonférences donc de longueurs. Fort heureusement, Christophe n'est pas avare en conseil et il m'avait judicieusement conseillé de ne fixer le dos noir que sur le haut de la toile.
Certes celui-ci ne serait pas tendu mais peu importe, ce n'est pas la toile de projection. Reste que ce système contient définitivement trop d'impondérable car si les 2 toiles provoquent des pliures à l'enroulement, celles-ci seraient irréversibles.
Et en cas de louper, le remplacement des toiles par de nouvelles porterait le coût de l'ensemble pas loin d'un modèle du commerce ...
Finalement ce sera un écran fixe !Certes, c’est une contrainte que de le mettre en place mais une fois démonté, le salon retrouverait son aspect d'origine et ne serait pas défiguré par un énorme carter en plein milieu du plafond.
Après avoir fait le tour de mon appartement, le mur du couloir se trouvait tout indiqué pour ranger l'écran.
Par rapport à ma distance de visionnage (2.90m) et un angle de visionnage de 43°, un écran de 2,34m était idéal tout en me permettant de placer les enceintes gauche et droite derrière l'écran sans avoir à les bouger de la configuration actuelle (adaptée à un usage Hi-Fi).
Sauf qu'avec le cadre (2.50m hors tout), impossible d'ouvrir la porte des toilettes ou de le placer à la verticale du fait de sa diagonale largement supérieure à la hauteur sous plafond.
Je n'ai pas eu d'autres choix que de voir plus raisonnable (2.03m), ce qui d'un autre côté me permettait avec 39° d'ouverture, de visualiser plus facilement les sous titres vu que je ne regarde que les films en VOST.
Il faut bien trouver des arguments pour se consoler ! En même temps, l'immersion est déjà bonne pour les formats Cinémascope et même supérieure à ce que requiert le Flat Academy (1.85:1).
J'ai par contre du écarter les enceintes G + D pour les placer au ras de l'écran, sinon le cadre passait devant les médium/aigu. Ainsi, l'angle d’écartement des enceintes passe à 45° donc en parfaite concordance aux diverses recommandations.
La mise en oeuvreEn tant que projet DIY, j'ai pensé faire mon propre cadre mais pourquoi me compliquer la tâche alors que l'on trouve facilement des écrans de petites dimensions d'occasion ?
Ceux-ci sont basés sur des profilés déjà floqués en velours noir, avec des équerres très rigides donc peu de chance que le cadre se vrille sous la tension de la toile.
J'ai jeté mon dévolu sur un écran Lumene Movie Palace Premium 200C d'occasion plutôt qu'un Sinelux un peu plus cher en neuf.
Ce dernier permet un montage sans travail particulier de la toile contrairement au Lumene mais une fois les excès de toiles enlevés, impossible de la démonter et de la remonter.
Et puis le système ne permet de ne monter qu'une seule toile donc comment fixer le fond noir?
Mine de rien, le système d'attache du Lumene est très simple mais pour adapter la toile transsonore, ce fût bien plus compliqué qu'il n'y parait.
Il est nécessaire de faire un ourlet sur chaque côté de la toile pour insérer une barre métallique. Celle-ci vient ensuite se placer en tension derrière des crochets insérés dans une gorge du profilé du cadre.
Contrairement à la toile PVC, le principal problème vient de la faible élasticité de la toile tissée donc si elle est coupée trop courte, impossible de la monter et si elle est un peu trop longue, impossible de la tendre.
J'ai eu beau demander conseil à Chris sur l'allongement au mètre de la toile, faire des essais sur échantillons, rien n'y a fait. La toile se comporte très différemment lorsqu'elle est entière ou si c'est une bande de 20 cm de large.
Dès la première couture, les calculs ne collaient plus donc il a fallu procéder par étape en montant côté par côté et en taillant au fur et à mesure la toile.
Heureusement que sur le conseil des 2 couturiers professionnels qui m'accompagnaient, je n'ai pas coupée la toile aux dimensions calculées!
Parallèlement à cela, il fallait perforer la toile pour permettre le passage des crochets. Comme la tête des crochets est plus grosse que le corps (pour le maintien de la barre en fer), le passage en force a tendance à déchirer la toile qui s'avère en fait plus fragile qu'elle n'y parait.
Nous avons utilisé des chutes de toile pour réaliser des renforts et à partir de cet instant, les multiples montages et démontages de la toile sur le cadre sont devenus possibles.
Pour le fond noir, j'ai voulu le coudre sur la toile blanche tendue. Nous avons donc fixé avec des aiguilles les toiles entre elles mais la couture de 2 toiles simultanée provoque un glissement des toiles malgré l'usage d'une machine à coudre professionnelle.
Le fond noir gondolait ce qui en soit n'est pas dramatique mais je craignais que les différences d'écartement entre les toiles ne provoquent des différences d'intensité de lumière à l'image. Vous verrez par la suite que le gain de la toile blanche change selon ce qui se trouve derrière ...
Je n'ai donc conservé que la couture du côté supérieur de l'écran et j'ai cousu de petites pattes pour fixer et tendre le fond noir sur les crochets.
La tension n'est pas extrême comme la toile blanche car il n'y a pas les barres métalliques mais elle est suffisante pour assurer une bonne planéité.
Au passage, le système de barre métallique permet d'utiliser des sections différentes pour parfaire la tension de la toile.
J'ai même pu ajouter 2 barres supplémentaires pour ajuster pile poil la tension horizontale.
Alors au final, ce fût une vraie galère qui aura pris 14 heures de travail à 3 personnes + 1 journée pour que je couse à la main les pattes du fond noir mais le résultat est au rendez-vous.
Outre les déboires que j'ai cité, coudre une toile sans la plier ou la rouler est extrêmement compliqué sauf à avoir une machine à coudre dont ma tête se déplace.
Malgré la mise en garde de Christophe sur les pliures, celles-ci sont survenues malgré le soin apporté à la manipulation de la toile mais tant que la fibre n’est pas pliée ou cassée, il est possible de les récupérer.
La solution qui m’a été soufflé par les couturiers : placer un chiffon blanc sur la toile et avec un fer très chaud, venir exercer une pression un court instant.

C’est juste suffisant pour permettre de ramollir la toile et le refroidissement plus la tension font le reste. Par contre j’insiste sur le fait qu’il ne faut pas s’éterniser à repasser ou utiliser une température trop basse et travailler sur la durée.
Pour la fixation de l'écran, j'ai fixé 2 crochets blanc au plafond puis avec des élingues (cable + serre cable), j'ai ajusté la hauteur de l'écran.
Le bas de l'écran vient s'appuyer via 2 vis en plastique sur la tranche d'une étagère du meuble. Les trous oblongs des équerres blanches m'ont permis de parfaire la mise à niveau de l’ensemble.