Compte-rendu d’utilisateur HCFR du Sony VPL-VW870ES, projecteur laser 4K

Compte-rendu d’utilisateur HCFR du Sony VPL-VW870ES, projecteur laser 4K

Les calibrages

 

Avant de vous lancer dans le calibrage retenez les informations suivantes :

Les processings dynamiques influent sur la colorimétrie c’est ainsi qu’ils assurent leur efficacité. Il faut donc en tenir compte, en accepter les effets secondaires mais surtout les désactiver durant l’étape de calibrage ou de simples mesures. Vous pourrez les paramétrer à posteriori d’après votre ressenti en prenant compte des dérives induites. D’autres ajustements ont aussi une action itérative et interactive sur d’autres paramètres.

  • Contrast Dynamic Engine : joue partiellement sur le gamma et sur la température de couleur
  • Contrast Enhancer : joue uniquement sur le gamma
  • Clear White : joue uniquement sur la température de couleur
  • Contrast : joue sur le gamma et la puissance lumineuse de l’image. Pensez à ajuster ces deux paramètres conjointement.
  • Contrast HDR : agit sur le tone mapping de 40 à MAX. Ce paramètre est à ajuster suivant le niveau de Contrast Dynamic Engine, Contrast Enhancer et en rapport avec l’étalonnage HDR du film. Sous 40 le nivellement réduit considérablement la puissance lumineuse.
  • Luminosité : joue sur le gamma
  • La température de couleur : joue sur la puissance lumineuse

L’ensemble des autres processings comme le Motion Flow, le Reality Creation etc. sont parfaitement neutres d’un point de vu colorimétrique.

 

Ajuster la température de couleur cible D65

La température de couleur du VPL-VW870ES s’ajuste par l’intermédiaire des gains (vers 80IRE) et du bias (vers 20IRE). Si, comme c’est le cas de notre exemplaire, il faut travailler sur plus de précision il faudra utiliser les logiciels Sony ou un outils externe comme un processeur Lumagen, ou un PC équipé des bons logiciels.

D65 DeltaE

D65 DeltaE

Le calibrage de la température de couleur D65 (6500°Kelvin) permet de réduire les DeltaE dans une zone opérationnelle des IRE. Certaines valeurs restent importantes en bas IRE, mais cela concerne les éléments très sombre de l’image et cela ne se verra pas. De 40IRE à 60IRE les DeltaE frôlent des valeurs importantes, ceci corrobore avec la dérive en forme de cuvette observée sur les presets de gamma et de température de couleur. La moyenne obtenue en fin de calibrage n’est pas exceptionnelle, Sony permet en général d’arriver à mieux. Toutefois ce score de 3.9 est à recalculer sans les mesures à 5IRE et 10IRE, vu que l’incidence visuelle est quasiment nulle. Nous tombons alors à 1.2 ce qui est nettement mieux.

D65 histogramme avant calibrage

D65 histogramme après calibrage

Les histogrammes avant et après calibrage démontre la nature de la dérive en forme de cuvette. Il s’agit d’un déficit de rouge de 30IRE à 65IRE, puis un excès de 80IRE à 95IRE. Les ajustements à partir du gain et du bias ne pemettent pas de corriger ce type de défaut, il faudra donc utiliser un des logiciels Sony comme Image Director 3, ou intervenir en amont à partir d’un processeur ou d’un PC.

Sans être parfaite, la température de couleur avant et surtout après calibrage est tout de même bonne. A l’image en tout cas, le rendu est naturel et démontre des transitions bien équilibrées dans l’échelle de gris.

 

Ajuster le Gamma cible 2.2

Le gamma s’ajuste en sélectionnant un gamma dont la moyenne s’approche de la cible. Sur notre exemplaire nous avons un déficit de 0.15-0.2. Pour viser un gamma de 2.2, il faudra donc partir du gamma preset 2.4, puis moduler à partir du contraste et de la luminosité. Si, comme c’est le cas de notre exemplaire, il faut travailler sur plus de précision il faudra utiliser les logiciels Sony ou un outils externe comme un processeur Lumagen, ou un PC équipé des bons logiciels.

Gamma 2.2 calibré

Gamma 2.2 calibré

Bien qu’il ne soit pas parfaitement linéaire, le gamma calibré finalise une moyenne de 2.20. Seules les valeurs en bas IRE (0IRE-15IRE) affichent une dérive notable. Comme il s’agit des zones sombres, l’incidence sera imperceptible durant un film.

L’ajustement de l’EOTF en HDR ne peut se faire qu’en injectant des courbes customisées et en suivant la méthode du tweak. Les logiciels Sony sont alors indispensables. Les processings de contraste modulent le rendu et peuvent palier à un manque, ils sont d’ailleurs fortement conseillés. Une autre alternative est l’usage d’un processeur externe. Luminosité peut intervenir dans une certaine mesure en bas IRE.

La mesure obtenue sur Chromapure 3 Pro est typique, il ne faut pas s’inquiéter si la courbe s’éloigne de la cible qui est d’ailleurs modulée suivant les objectifs et le contexte particulier de chaque mise en oeuvre.

 

Ajuster l’espace de couleur

Les espaces de couleur sont plus que bon sur les vidéoprojecteurs Sony. Leur calibrage commence par la sélection du bon espace. Si BT.709 et BT.2020 sont sans mystère, l’Espace 2 permet de calibrer le VPL-VW870ES dans un espace DCi couvert suffisamment.

Chaque calibrage doit commencer par l’édition de l’espace de couleur et son ajustement afin de couvrir le plus possible l’espace cible. DCi et BT.2020 seront partiels et simulés pour BT.2020. Dans cette opération il faudra déjà contrôler les saturations afin de ne pas augmenter les DeltaE. Cette étape est donc importante et parfois complexe, surtout pour BT.2020. Le calibrage le plus simple sera celui du BT.709.

Par la suite il faudra calibrer à partir du CMS HLS du vidéoprojecteur. Cette étape vous donne accès à un 1D LUT en RGB pour les primaires et en CMJ pour les secondaires. Il s’agit d’un CMS tout ce qu’il y a de plus classique. La correction ne travail donc que sur un axe par composante. Il faudra identifier la valeur cible à corriger avec comme objectif non pas un DeltaE le plus bas possible sur cette valeur, mais la moyenne la plus basse pour l’ensemble des saturations mesurées par composante. BT.709 et le DCi seront assez simple à calibrer alors que BT.2020 de par sa nature simulé nécessitera plus de temps et de réflexion.

Une astuces : pensez à mesurer le ColorChecker qui travail sur les couleurs fondamentales. C’est cet indice qui vous dira si votre calibrage donnera une image naturelle et à la bonne tonalité colorimétrique.

L’alternative ou le complément, ne pourra se faire que par l’intermédiaire d’un processeur externe ou d’un PC bien équipé.

 

Le Rec.709

Très proche de la norme, le Rec.709 se calibre facilement. Sur Chromapure il suffit de sélectionner la saturation à 75% ou 50%, puis de calibrer au plus proche de la cible.

BT.709 CIE : saturations avant et après calibrage

BT.709, mesures des saturations avant et après calibrage

BT.709 CIE : ColorChecker avant et après calibrage

BT.709, mesure du ColorChecker avant et après calibrage

Le DCi

DCi se calibre à partir de l’Epace 2. Ici le gamut de départ ou après optimisation présente quelques défauts de non linéarité. Ceci est normal et permet de couvrir cet espace à plus de 92%. Certaines composantes pourront se calibrer facilement et de manière traditionnelle en sélectionnant un niveau de saturation. D’autres impliqueront une lecture de l’ensemble des DeltaE des saturations de la composante afin de déterminer le « point milieu » qui permet d’obtenir une moyenne convenable et la plus équivalente possible pour chaque saturation.

Espace 2 / DCi : saturations avant et après calibrage

Espace 2 / DCi, mesures des saturations avant et après calibrage

Espace 2 / DCi CIE : ColorChecker avant et après calibrage

Espace 2 / DCi, mesure du ColorChecker avant et après calibrage

L’espace de couleur DCi n’est pas prévu d’origine sur le VPL-VW870ES, du moins il n’est pas clairement annoncé. On arrive tout de même à une couverture de 92,5% du DCi après ajustement ce qui est plus que suffisant pour un usage fonctionnel. L’Espace 2 se prête pourtant très bien à son calibrage et devient effectif lorsque le travail est finalisé. La lecture des saturations corrigées nous indiquent un excellent score, la base était déjà bonne ceci n’est donc pas étonnant. Seules certaines valeurs ne seront pas corrigées et afficheront un DeltaE encore élevé. Le vert à 100% est un exemple type de ce genre de manipulation de gamut dont les mesures ne coïncident pas avec les cibles. Pour cause, nous contournons un espace qui s’approche de l’objectif mais qui n’est pas indexé au départ.

Le Color Checker, l’indice le plus important, était correct et s’améliore. Certes le calibrage aide et se montre efficace, mais si vous souhaitez afficher vos films dans un espace DCi en sortie de carton, l’Espace 2 fera l’affaire d’entrée de jeu.

 

Le Rec.2020

Il s’agit du gamut le plus complexe à calibrer de par sa nature simulé sur le VPL-VW870ES. L’usage d’un filtre optique (méthode JVC) pourrait permettre de couvrir davantage et de limiter la simulation, mais cela serait au détriment de la puissance lumineuse. Après optimisation nous arrivons à un peu plus de 65% ce qui est tout de même pas si mal. La stratégie est équivalente au calibrage DCi mais impliquera plus d’essais et de recherche de la bonne méthode à appliquer.

Peu de composantes pourront se corriger de manière traditionnelles. D’ailleurs au vu de l’aspect général de ce gamut, il sera préférable de contrôler l’ensemble des saturations de la composante qui est ajusté afin d’éviter d’accroître les DeltaE.

BT.2020 : saturations avant et après calibrage

BT.2020, mesures des saturations avant et après calibrage

BT.2020 CIE : ColorChecker avant et après calibrage

BT.2020, mesure du ColorChecker avant et après calibrage

BT.2020 sur le Sony VPL-VW870ES est encore un espace large simulé qui tire parti du gamut natif du vidéoprojecteur et ceci sans l’apport d’un filtre. Avantage : pas de perte de puissance lumineuse ou de dérive à corriger à cause du filtre. La contrepartie est une couverture encore faible de 65,5% après ajustement et un aspect non linéaire qui use donc d’une approche propriétaire indexée sur la capacité du vidéoprojecteur et non la norme à proprement parler.

Ceci dit le calibrage met en évidence une démarche logique et opérationnelle car le Color Checker déjà bon s’améliore considérablement et finalise un DeltaE de seulement 1.8 et 1.6 sur les tonalités chair. Cela veut dire que le naturel de l’image sera préservé. Evidemment la correction ne sera pas efficace sur l’ensemble des valeurs, car certaines se trouvent dans des zones que l’on ne pourra pas corriger.

Les saturations démontrent un DeltaE important mais qui se corrige jusqu’à 80% pour certaines composantes. Cela indique que malgré le caractère très particulier de BT.2020, le calibrage est effectif et d’ailleurs cela se voit en finalité sur l’image. Certaines composantes et valeurs seront laissées pour compte car il est impossible d’y toucher sans créer de dérive. De plus la méthode vise à moduler les moyennes afin d’opérer un repositionnement qui va réduire la dérive non linéaire tout en optimisant les DeltaE dans les zones les plus « évidentes » à l’oeil.

Le calibrage de BT.2020 me semble indispensable, il sera le plus difficile à effectuer et le plus long. La méthode demandant de faire de nombreux essais avant de valider le meilleur résultat suivant la saturation de composante qui sera corrigée.

 

– Lien vers le sujet HCFR dédié au projecteur Sony VPL-VW870ES : https://www.homecinema-fr.com/forum/projecteurs-uhd-4k/sony-vpl-vw870es-4k-laser-test-hcfr-en-cours-post-1-t30089693.html

 

 

 

Partager :